Article proposé par JeanClaudeGrognet, paru le 08/12/2013 07:43:01
Rubrique : Interviews, lu 856 fois. Pas de commentaires
    

Portrait: Mélanie Bailliache


 

     Mélanie Bailliache (2 I- 2 A- 2 L)

 

         Championne de France dans la catégorie   Amateur-Team, Mélanie Bailliache est  discrète sur les terrains de concours et bien peu la connaissent. Etonnant après une dizaine d'années de concours, alors que la personne est de nature souriante et enjouée. C'est ce que je me disais en raccrochant le téléphone. Manifestement Mélanie s'amuse, et prend du plaisir dans tout ce qu'elle fait, dans son loisir comme dans ses activités professionnelles. Une bonne nature comme l'on dit, mais affublée d'un caractère bien trempé et affirmé. Ne vous y trompez pas, c'est même pour cela que son employeur lui a donné sa chance. Son métier, Contrôleur de Gestion demande de la rigueur, de la personnalité et une bonne gestion des rapports humains.  

             L'environnement familial est sans doute pour quelque chose dans la bonne nature de Mélanie. Bruno son père (photo), milite de tous temps pour une approche et un travail du cheval dans l'harmonie relationnelle. Il est adepte des nouvelles approches sur les rapports avec le  cheval que l'on définira ici d'une manière large  par "éthologie moderne". Convaincre plutôt que contraindre. Une sérénité et une plénitude générale environnent Mélanie et génèrent un "optimisme culturel". Voilà au moins un point acquis si la suite de sa carrière l'amène aux plus hautes compétitions. 

         Ses parents gèrent une structure équestre dans le  grand Saumurois, une écurie de chevaux de propriétaires qui fait également du débourrage de chevaux d'attelage, selon les idées de Bruno énoncées plus haut. "La Calèche" le nom de l'établissement, apporte à Mélanie tous les moyens matériels pour sa formation et la préparation des concours.

         Dès son plus jeune âge elle à suivi ses parents sur les concours, Bruno sortait à l'époque une paire en épreuves nationales et internationales. En 2002 et 2003 les concours à LA CALECHE sont l’occasion pour Mélanie de sortir Poupette une  petite shetland achetée à  Benjamin Aillaud pour son frère.

Les débuts avec Poupette, une copine comme groom

 

 

          Mais l’attelage en solo ne la motive pas, elle veut sortir en paire. La famille va donc s'agrandir. Joy, shetland croisé welsh arrive bientôt pour fêter le "galop 4" de Mélanie.

 

         " la saison 2004 se passe avec Joy et Poupette... concours tous les dimanches. Joy s’est pris au jeu. En fin de saison, Poupette ne suit plus.."

 

 

Joy et Poupette

 

         Arrive Nidja, croisé welsh aussi. La paire Joy/Nidja s’avère très difficile à mener et s’emballe régulièrement. "Nidja était une terreur de club" . Le caractère de la jeune adolescente s'affirme, elle veut régler les problèmes toute  seule. Les parents laissent faire mais travaillent les poneys en cachette pendant que Mélanie est à l’école.

 

 

Joy et Nidja

 

         2006 les shetlands enchainent les victoires en concours Club. L'attelage à 4 devient obsessionnel et Mélanie casse sa tirelire pour acheter un poney. 

        

         2007 elle mène de front sa paire et son Team...

 

 

         .... mais elle néglige le dressage qui ne la passionne pas. Elle termine 2ème à LAMOTTE en paire, en gagnant le marathon mais  non sans avoir épouvanté Vital Lepouriel sur la mania...  les poneys sont dans la fuite en avant !  Vexée,  elle passe l’hiver à travailler dans la carrière avec papa. Les poneys s’allègent, acceptent le travail entrent dans la soumission... c'est une révélation pour Mélanie.

        

         Le Dressage est définitivement intégré dans ses programmes de travail et elle y trouve de l'intérêt et du plaisir. L'apprentissage de la conduite en grandes guides se fait avec papa qui menait déjà à 4, et Benjamin Aillaud est aussi venu à la Calèche pour donner quelques conseils. "l'avantage de débuter avec des poneys est que l'on limite les risques quand on ne maitrise pas encore totalement la conduite."  Mélanie prend conseils et stages un peu partout: Eve Verna, Gérard Sainte Beuve, Franck Deplanche, Laurie Astégiano. " Je voudrais bien faire une fois un stage avec Félix Brasseur." Nous avons maintenant un BE 2 qui vient régulièrement à la Calèche. . J'ai fait pas mal d'expériences comme le tandem monté. "

 

 

 

 

         "j'ai pu ainsi mettre sur la main ma ponette alezane qui ne se tendait pas en volée dans l'attelage à 4. J'ai trouvé beaucoup de bénéfices dans ce travail. Le travail se fait en famille. Maman s'occupe de tout le travail dans les écuries et la gestion des soins. Elle travaille également les poneys à la longe. Le planning de travail se fait en concertation tous les 3. Papa se charge plus spécifiquement du travail de reprise des poneys si besoin, et du travail aux longues rênes. Maman surveille le travail que je fais en solo et en paire, et lors des sorties à 4 nous sommes toujours tous les 3."

 

 

Petite sortie familiale

 

         "Mon métier me laisse du temps car je suis à temps partiel comme Contrôleur de Gestion dans une PME où je travaille 3 jours par semaine. Le reste du temps je suis aux écuries, il y a 60 chevaux à s'occuper sur la structure. Aujourd'hui c'est moi qui termine les débourrages sous la selle. Je suis très proche des conceptions de papa, nous accordons beaucoup de place au relationnel avec les chevaux. C'est ainsi que l'on a pu obtenir des résultats avec 4 poneys pas très faciles dont un "repris de justice" vraiment difficile."

        

         2008 Elle intègre les Bleuets qui partiront à STADL PAURA en Autriche avec l'équipe Juniors montée par Patrick Dubrulle et Emmanuel Benoit. " Il y avait dans l'équipe le fils d'Emmanuel, Carine Baecklandt, Lucie Matuziak, Riwal Blonz, Laurie Mancaux, Axel Moreau, Baptiste et Pierre Dubrulle, Thibault Pasquet. La préparation du concours avait été bien faite avec des stages de qualification, on devait se retrouver sur certains concours, on avait fait un stage d'intégration chez Emmanuel Benoit... C'est un très bon souvenir même si les résultats sur place ont été couci couça." 

        

         La saison est très bonne puisqu’elle signe une première place à Lamotte en remportant les 3 épreuves et surtout le Dressage à sa grande fierté.

 

 

         2009 Mélanie passe le  Bac puis entre en Ecole de Management. L'obligation de stages à l'étranger va la conduire en Irlande. Elle passe son temps libre dans une écurie voisine, chez un marchand qui exporte des chevaux. Elle peut monter gratuitement à condition de choisir les plus difficiles ... Ca ne laisse pas toujours un  bon souvenir à la petite française qui se fera quelques frayeurs! 

          

 

           2010 sera l'occasion d'autres expériences dont les épreuves d'Endurance attelées. Ces épreuves serviront de complément de formation pour des poneys plus grands (D)  nouvellement intégrés dans un attelage à 4 . Beaucoup d’extérieur, et   un titre de championne de France en endurance attelée à l’automne ...  " les épreuves d'Endurance attelées sont intéressantes pour déstresser les poneys. Le timing très fractionné de ces épreuves permet aux poneys de récupérer naturellement d'une période de stress. Ainsi les Vet Check où il faut de dépêcher pour respecter les horaires, présenter en main les poneys, alternent avec les trottings qui décontractent et où le poney reprend du plaisir. Après plusieurs temps d'alternance les poneys prennent de la confiance. "

 

 

En Endurance Attelée

 

 

         2011 Un nouveau poney  Jumanjy rejoint le Team . Première sortie du Team à LUCON (85). Tous les efforts sont concentrés sur le Dressage. Les notes de Dressage montent trop doucement à cause de Ninja, volée très délicate.

 

 

         2012 " Nous prenons de l'expérience. Le contrat est posé: remporter le dressage à Conty. C’est chose faite, mais à quel prix ! Le marathon est trop dur pour les poneys, et il faudra de nombreuses semaines pour qu’ils s’en remettent ...

 

        

         2013 Toute la famille se remet au travail, en longe, en selle, à l’attelage. Les poneys progressent, mais les volées, à tour de rôle, plombent toujours les notes de Dressage toute la saison 2013. La solution familiale: reprendre le travail de base. Du pas, puis du pas, et encore du pas, pendant un mois, nez par terre. Les dos remontent doucement, les notes aussi ... Compiègne valide  le travail et il devient possible de commencer à tendre les poneys sans partir en vrille !

         Tant mieux car il reste 5 semaines avant Lisieux. Toute l’équipe travaille d’arrache pied pour être au top le jour J."

 

 

Lisieux photo Pixel Visuel

 

 

 

Lisieux photo Pixel Visuel

 

 

Dieu qu’elle est bonne cette médaille !

 

Lisieux photo Pixel Visuel

 

         " Je suis allé voir les dressages à Pau. Je crois que nous français n'ont pas grand chose  à envier aux étrangers sur la qualité de nos poneys. Il y a énormément de travail derrière les belles reprises. J'ai pu voir aussi ce que veulent voir les juges. Chez les Teams poneys je n'ai pas vu des allures exceptionnelles, par contre tout le reste est impeccable dans la précision, la stabilité des poneys, l'homogénéité des attelages.  "

         " Le marathon est incontestablement une épreuve où je m'amuse mais on ne le travaille jamais à la maison. J'ai encore beaucoup de chose à travailler avant de pouvoir aller vite. Ma technique n'est pas encore assez bonne dans les changements de direction. Je n'ai pas encore assez de vitesse dans le maniement des guides, même si monter 2 ou 3 boucles ne me posent pas de problème. Je n'ai pas encore assez d'automatisme dans certaines situations."

         " Je ne suis pas fixée définitivement sur les poneys. L'année prochaine je vais sortir également chez les paires en amateur pour 2 ou 3 concours avec 2 chevaux de l'écurie . Ce sera sans prétention, les chevaux n'ont pas des allures exceptionnelles. L'objectif est de prendre de l'expérience et de se donner des challenges. Pour le Team nous allons débuter dans la catégorie Elite, peut être un International en France pour voir où on en est... pour voir aussi les obstacles, les juges, les maniabilités des Internationaux.

J'espère que l'on va vite évoluer !!! "

JCG

 


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